Article: Le scapulaire : histoire, signification et comment le choisir

Le scapulaire : histoire, signification et comment le choisir
On en trouve dans les tiroirs des maisons corses, glissé sous un oreiller, épinglé dans une voiture. Le scapulaire fait partie de ces objets que l'on transmet sans toujours savoir en expliquer l'origine. Voici ce qu'il faut en savoir.
D'où vient le scapulaire ?
Le mot vient du latin scapulae, les épaules. À l'origine, il désigne une longue bande de tissu que les moines portaient par-dessus leur habit, tombant devant et derrière, par-dessus les épaules. C'était un vêtement de travail avant d'être un symbole : la pièce d'étoffe que l'on enfilait pour bêcher le potager sans salir la robe.
Au fil des siècles, les laïcs qui souhaitaient s'associer à une famille religieuse sans entrer au monastère ont adopté une version réduite : deux petits carrés de tissu reliés par des cordons, portés sous les vêtements. Le scapulaire du Mont-Carmel, lié aux Carmes, est le plus connu d'entre eux.
De cette forme réduite est née une troisième variante, encore plus libre : un petit rectangle de tissu que l'on ne porte plus sur soi mais que l'on garde près de soi. C'est celle que l'on rencontre le plus souvent aujourd'hui en Méditerranée.
Un sacramental, pas un porte-bonheur
C'est la distinction la plus importante, et celle que l'on comprend le moins souvent. L'Église range le scapulaire parmi les sacramentaux : des signes de piété qui disposent à la prière. Ce ne sont pas des objets magiques, et ils n'agissent pas d'eux-mêmes.
Autrement dit, un scapulaire ne protège pas comme une amulette protégerait. Il rappelle. Il matérialise un attachement à un saint, une intention, une promesse que l'on s'est faite. Ce qui compte n'est pas l'étoffe, c'est ce que la personne y met.
Cette nuance n'enlève rien à sa force. Beaucoup de gens qui ne pratiquent plus gardent le scapulaire d'une grand-mère. L'objet continue de dire quelque chose, même quand la pratique s'est éloignée.
La dévotion populaire en Corse
En Corse, la foi s'est toujours vécue autant à la maison qu'à l'église. La Vierge sur l'autel de la cuisine, la médaille passée de mère en fille, la prière du soir murmurée sans témoin : c'est une dévotion domestique, discrète, tenace.
Le fil rouge que l'on retrouve cousu sur beaucoup d'objets méditerranéens appartient à la même culture. Rouge comme le corail que l'on pêchait le long des côtes, comme la couleur que l'on associe depuis l'Antiquité à la protection contre le mauvais œil. Sa présence sur un objet chrétien n'a rien de contradictoire : la dévotion populaire a toujours mêlé les héritages.
Faut-il le faire bénir ?
Non, ce n'est pas obligatoire pour le garder chez soi ou l'offrir. Si vous le souhaitez, présentez-le à un prêtre ou à un diacre : la bénédiction se fait toujours par un ministre reconnu de l'Église, et elle est gratuite.
À noter : pour le scapulaire du Mont-Carmel au sens strict, il existe un rite d'imposition qui associe la personne à la famille carmélitaine. Cela ne concerne pas les scapulaires de dévotion comme ceux dont nous parlons ici, qui se gardent librement.
Comment l'utiliser au quotidien
Il n'y a pas de règle. Les usages les plus courants :
- Sur la table de nuit, ou au-dessus du lit
- Dans la voiture, avant un long trajet
- Dans un sac, une valise, une trousse d'hôpital
- Dans un coin de la maison réservé au recueillement
Un scapulaire s'use : le tissu se patine, les couleurs passent. C'est normal, et ce n'est pas un problème. Quand il est vraiment hors d'usage, la coutume veut qu'on ne le jette pas à la poubelle mais qu'on le brûle ou qu'on l'enterre — comme pour tout objet béni.
Quelle différence avec une médaille ?
La médaille se porte au cou, en contact avec la peau. Le scapulaire se garde. Il est plus grand, en tissu, et il peut contenir quelque chose : une prière imprimée, un petit chapelet. C'est un objet que l'on tient dans la main plutôt qu'un bijou que l'on affiche.
Les deux se complètent, d'ailleurs. Beaucoup de gens portent une médaille et gardent un scapulaire chez eux.
Lequel choisir, ou lequel offrir ?
Le choix du saint compte plus que celui de la couleur. Chacun a son domaine, et c'est ce qui donne son sens au cadeau.
Sainte Rita
Rita de Cascia est la patronne des causes difficiles et des situations désespérées. On la prie quand tout semble fermé. C'est le scapulaire que l'on offre à quelqu'un qui traverse une épreuve, attend un résultat, ou se bat pour quelque chose qui n'est pas gagné d'avance. Sa fête est le 22 mai.
Saint Joseph
Il est le saint patron de Bastia — la ville lui doit son 19 mars. Protecteur des familles, des pères, des artisans et des travailleurs, c'est une figure de force tranquille. Le cadeau naturel pour un père, un grand-père, un artisan, ou quelqu'un qui veille sur les siens sans en parler.
La Vierge Marie
La plus universelle des trois, et la plus liée à la maison corse. C'est le scapulaire des commencements : naissance, baptême, communion. C'est aussi celui que l'on glisse dans les affaires de quelqu'un qui part loin.
Nos scapulaires
Nous avons imaginé et dessiné à Bastia trois scapulaires en coton, format 20 x 10 cm : Sainte Rita, Saint Joseph et la Vierge Marie. Chacun contient la prière du saint et un petit chapelet, avec un fil rouge cousu tout autour. Deux coloris au choix, 15,90 €.
- Scapulaire Sainte Rita — pour les causes difficiles
- Scapulaire Saint Joseph — le patron de Bastia
- Scapulaire Vierge Marie — naissance, baptême, communion




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